Recommended resources
The freely available resources this lesson will direct you to.
- Spatial Transformations in Architecturewww.youtube.com
- The Only 5 Ways to Organize a Building [Form, Space, and Order]www.youtube.com
- [PDF] Perception de l'image et de l'espace . Centre de Représentation ...arc.faaad.ulaval.ca
- [PDF] Les principes de la Gestalt et des proportions dérivées du nombre d ...spectrum.library.concordia.ca
Bonjour ! J'espère que vous êtes prêt à continuer notre exploration de l'espace architectural.
Dans la leçon précédente, nous avons fait la distinction entre les différents types d'espaces — fermé, ouvert, semi-ouvert et fluide — en nous concentrant sur leur degré de clôture et l'impact psychologique qui en découle. Nous avons compris que l'architecte ne conçoit pas seulement des murs, mais surtout l'expérience vécue dans le vide que ces murs définissent.
Aujourd'hui, nous allons affiner cette compréhension. Nous n'allons plus seulement nous demander "à quel point l'espace est-il ouvert ou fermé ?", mais plutôt "quelle est la forme de cet espace ?". L'objectif de cette leçon est de vous amener à décrire l'influence de la forme géométrique et du volume sur la perception spatiale. Pour vous qui manipulez déjà des volumes dans des logiciels de CAO, cette leçon vous donnera les clés pour comprendre les effets sensibles et psychologiques des opérations que vous réalisez déjà techniquement.
1. Les Formes Primaires et leur Caractère
Tout comme un peintre dispose de couleurs primaires, l'architecte compose avec des formes géométriques fondamentales. Ces formes ne sont pas neutres ; elles portent en elles un caractère, une charge psychologique.
- Le Cube et le Parallélépipède Rectangle : Ces formes évoquent la stabilité, la rationalité et l'ordre. Un espace cubique est prévisible, statique et ancre le visiteur. C'est la forme de la pièce "standard".
- La Sphère et le Cylindre : Les formes courbes, sans angles, créent des espaces unificateurs, souvent centrés. La sphère, comme dans le Panthéon que nous avons vu, concentre l'attention et peut évoquer le cosmos, la communauté ou la spiritualité.
- La Pyramide et le Cône : Ces formes ascendantes suggèrent l'élévation, l'aspiration et la monumentalité.
Cependant, une simple modification des dimensions d'une forme peut radicalement altérer sa perception.

Cette action de modifier les dimensions d'une forme (hauteur, largeur, profondeur) tout en conservant son identité (un cube qui devient un parallélépipède) est une "transformation dimensionnelle". C'est l'un des outils les plus fondamentaux de l'architecte.
2. La Grammaire Volumétrique : Additionner, Soustraire, Interpénétrer
Un projet architectural est rarement une seule forme primaire. Il est le plus souvent une composition complexe de volumes. Pour créer cette complexité, l'architecte utilise des opérations qui vous sont familières en dessin technique.
Pour commencer, je vous propose de visionner un extrait d'une vidéo qui illustre ces manipulations fondamentales.
Spatial Transformations in Architecture
Cette vidéo, intitulée 'Spatial Transformations in Architecture', décompose les opérations de base de la composition volumétrique. Elle constitue une excellente introduction visuelle à notre sujet.
Regardez les sections de 03:57 à 07:06. Concentrez-vous sur les trois types de transformations présentées : dimensionnelle (que nous venons d'évoquer), soustractive ('subtractive') et additive ('additive').
Approfondissons ces deux dernières opérations :
La Forme Soustractive : Creuser la Masse
L'architecte peut partir d'un volume plein et "creuser" des espaces à l'intérieur. C'est l'analogue d'une opération booléenne de soustraction dans SketchUp ou Revit. L'intérêt de cette approche est que notre cerveau perçoit à la fois le vide créé (l'espace) et le souvenir du plein qui a été retiré.
Ce phénomène s'explique par un principe psychologique fondamental : la perception Fond/Forme (ou Figure/Ground). Notre cerveau organise constamment ce qu'il voit en un sujet principal (la forme) et un arrière-plan (le fond). En architecture, le jeu consiste à rendre le "fond" (le vide) aussi signifiant que la "forme" (le plein).
La Forme Additive : Assembler les Parties
L'architecte peut également créer un espace en assemblant plusieurs volumes. Comme le montre la vidéo, cette addition peut se faire de plusieurs manières :
- Contact bord-à-bord ou face-à-face : Les volumes se touchent et créent des relations de proximité.
- Interpénétration : Les volumes se chevauchent, créant une zone partagée, un espace "hybride". C'est une des méthodes les plus courantes et les plus riches pour complexifier l'espace.
3. Pourquoi ça marche ? Les Principes de la Gestalt
Ces manipulations de volumes ne fonctionnent pas par hasard. Elles s'appuient sur la manière dont notre cerveau est programmé pour percevoir le monde. La théorie de la Gestalt (le mot allemand pour "forme") décrit ces "lois" de la perception. Son principe fondateur est : "Le tout est supérieur à la somme des parties".
Pour comprendre comment ces principes s'appliquent à l'espace, je vous invite à lire un document qui les explique et les illustre en 3D.
[PDF] Les principes de la Gestalt et des proportions
La thèse 'Les principes de la Gestalt et des proportions' explique clairement ces lois de la perception et, surtout, les applique à des explorations volumétriques. C'est un pont parfait entre la psychologie et la conception architecturale.
Lisez la section 2.4.2 'Théorie 2 : La théorie de la Gestalt' (pages 16 à 20). Concentrez-vous sur la compréhension des principes de Fond et forme, Proximité, Continuité et Fermeture. Ensuite, parcourez les explorations visuelles du chapitre 3 (à partir de la page 32). Attardez-vous sur 'Exploration 1: Fermeture via déconstruction' (page 33) et 'Exploration 2: Figure et fond et fermeture' (page 35). Observez comment des volumes séparés, grâce à leur agencement, créent l'illusion d'une forme complète ou d'un nouvel espace.
Grâce à la Gestalt, vous comprenez maintenant pourquoi des volumes fragmentés peuvent définir un espace cohérent (principe de fermeture) ou pourquoi des éléments proches sont perçus comme un groupe (principe de proximité).
4. Organiser les Volumes pour Créer un Récit Spatial
Une fois que l'on sait manipuler des volumes individuels, la question suivante est : comment les organiser pour former un bâtiment entier ? L'agencement des volumes crée un "récit", une manière de parcourir et de comprendre le bâtiment.
L'architecte et théoricien Francis D.K. Ching a identifié cinq grands schémas d'organisation spatiale.
The Only 5 Ways to Organize a Building [Form, Space, and Order]
L'architecte Stewart Hicks présente ces cinq schémas de manière très claire et ludique. En regardant cette vidéo, essayez de ressentir l'expérience spatiale propre à chaque type d'organisation.
Regardez les segments de 01:35 à 09:51, qui couvrent les cinq organisations : centralisée, linéaire, radiale, en grappe (clustered) et en grille (grid). Pour chacune, notez le type d'expérience qu'elle génère : stabilité, mouvement, hiérarchie, exploration, etc.
Ces schémas d'organisation sont des outils conceptuels puissants :
- Centralisé : Stabilité, point focal, idéal pour des bâtiments à forte charge symbolique.
- Linéaire : Mouvement, séquence, parcours. Parfait pour un musée ou une galerie.
- Radial : Combine un centre et des extensions, à la fois stable et connecté à son contexte.
- En grappe (Clustered) : Flexibilité, croissance organique, informel. Très utilisé en architecture contemporaine.
- En grille (Grid) : Ordre, régularité, adaptabilité. C'est la structure sous-jacente de nombreuses villes et de nombreux bâtiments.
5. Synthèse : Lire l'Espace à travers ses Formes
Nous avons vu les formes, les opérations et les schémas d'organisation. Faisons la synthèse de la manière dont tout cela se combine pour affecter notre perception.

L'arrangement de plans et de volumes dans l'espace est ce qui génère la perception de limite, de profondeur et de rythme. Un document de recherche sur la perception en architecture l'explique très bien.
[PDF] Perception de l'image et de l'espace .
Pour conclure, lisons un court extrait du mémoire 'Perception de l'image et de l'espace' qui analyse l'expérience concrète de l'utilisateur (le 'cheminement de l'usager') à travers la composition de volumes.
Lisez attentivement le paragraphe 'Échelles de perception - répétition, limite, profondeur' (fin de la page 30 et page 31), puis les descriptions des figures 9, 10 et 11 ('Plans verticaux', 'Plans horizontaux', 'Intersections') aux pages 33 à 34. Observez comment l'auteur décrit l'effet de la répétition d'éléments verticaux (création d'une limite, obstruction de l'horizon) ou l'effet de plans horizontaux réfléchissants (exagération de la profondeur, direction du mouvement).
Cet extrait illustre parfaitement comment des décisions de composition (aligner des murs, choisir un matériau réfléchissant, espacer des poteaux) influencent directement la perception de la profondeur, des limites et du mouvement.
Conclusion
Aujourd'hui, nous avons décortiqué la manière dont les architectes sculptent l'expérience spatiale à travers la géométrie et le volume.
Points clés à retenir :
- Les formes géométriques primaires (cube, sphère...) ont des qualités psychologiques intrinsèques (stabilité, centralité...).
- Les architectes composent l'espace en utilisant des opérations volumétriques, principalement l'addition (assemblage) et la soustraction (creusement).
- La théorie de la Gestalt nous aide à comprendre pourquoi notre cerveau perçoit des agencements de formes comme des touts cohérents (principes de fermeture, proximité, fond/forme...).
- L'organisation générale des volumes suit des schémas (centralisé, linéaire, en grille...) qui induisent des expériences spatiales spécifiques (stabilité, parcours, flexibilité...).
- La manipulation de la forme et du volume est l'outil qui permet de générer la perception de rythme, de limite et de profondeur.
Dans la prochaine leçon, nous ajouterons un ingrédient essentiel à notre palette de sculpteur d'espace : la lumière naturelle. Nous verrons comment elle peut révéler, transformer et animer les volumes que nous venons d'apprendre à composer.